Le sentiment religieux en Chine s’inscrit dans trois grandes traditions : confucianisme, taoïsme et bouddhisme
« On a souvent dit que les Chinois n’avaient point de religion et parfois enseigné que leur mythologie était autant dire inexistante. La vérité est qu’en Chine la religion n’est, pas plus que le droit, une fonction différenciée de l’activité sociale. Quand on traite de la civilisation chinoise sans vouloir jeter les faits dans des cadres qui, pour telle autre civilisation, peuvent paraître valables, on ne doit point réserver à la religion un chapitre. » Ainsi Marcel Granet, un des grands sinologues français du XXe siècle, abordait-il, en 1934, dans La Pensée chinoise, la question de la religion en Chine.
Quatre-vingts ans plus tard, s’appuyant sur cette réflexion de Marcel Granet et la prolongeant, Christine Barbier-Kontler, grande spécialiste du bouddhisme et des traditions de sagesse en Chine, souligne la relation très pragmatique, et bien peu dogmatique, qu’entretient le Chinois avec la religion, comme avec toute chose : « Lorsqu’elle s’applique au domaine religieux, la quête de l’efficacité défie nos catégories. Elle peut, pour paraphraser un grand lettré des Song, être en même temps très terre à terre et très éthérée : "Elle ne s’écarte pas des activités ordinaires ou quotidiennes et, pourtant, se dirige droit vers ce qui laisse pressentir le Ciel". »
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